La fête sauvage

La fête sauvage ressemble à un instant volé, un dimanche d’automne dans une petite route de campagne. Un dimanche qui doit être extraordinaire, un dimanche de fête. C’est l’anniversaire de Martine, en fait, qui a choisi cette journée pour enterrer les cendres de son amoureux. Frank s’est suicidé et son départ a causé un vide immense autour de lui, un trou que ses proches essaient de combler en faisant leur chemin à travers toutes les formes d’excès et la valse des émotions fortes. Ballons, guirlandes, chapeaux, enfants qui courent; une vraie fête s’organise avec tout ce qu’elle contient de charge libératrice.

À la fois enracinée dans la terre, planante comme un vol d’outardes et itinérante comme la mélancolie, La fête sauvage nous renvoie à l’essence même du bonheur. Dans une langue crue où l’humour persiste et côtoie le tragique, l’auteur Mathieu Gosselin évoque la disparition, la filiation au sein d’une petite collectivité et la résilience qui en émane. Mais il nous raconte d’abord une histoire d’amitié où toutes les sensibilités semblent s’exprimer pour la première fois au sein d’un clan.

Le texte de La fête sauvage est finaliste pour le Masque du meilleur texte original et son auteur comme Révélation de l’année.

 

Extrait

J’ai l’impression que les minutes prennent leur temps. La journée de ma fête, ç’a toujours été comme ça. Enfant, j’avais l’impression que le temps s’arrêtait. Quand finalement le matin rêvé arrivait, la nervosité tassait l’excitation et j’en avais pour une heure à vomir.

— Martine 1

 

Photos — Maxime Côté